Tahiti !

Aquarelle Agnes Morel, Tahiti

À mesure que nous avions approché la terre,
les insulaires avaient environné les navires…
Tous venaient en criant « tayo », qui veut dire ami,
et en nous donnant mille témoignages d’amitié…

Arrivée de La Boudeuse et de L’Étoile à Tahiti le 7 avril 1768.
Extrait du Voyage autour du monde de Bougainville

Malgré l’envoûtante atmosphère des Tuamotu, la solitude, qui ne cessait de me poursuivre depuis ma traversée du Pacifique et m’avait un temps oublié aux Marquises, me rattrapa. J’appareillai pour Tahiti.
« Tahiti ! Perle du Pacifique ! le monde entier connaît ton nom chantant ! Tu es la plus grande, la plus haute, la plus peuplée et la plus riche des îles polynésiennes ! Il y a deux cent cinquante ans, plus que toute autre, tu as su séduire Cook et Bougainville. » Ils y trouvèrent une population splendide, accueillante et joyeuse en diable, de la nourriture et de l’eau douce à profusion. Tahiti symbolisait pour eux le bonheur et la douceur de vivre.

Après trois jours de navigation, j’arrivai au petit matin dans le port de Papeete. Des navires à grande vitesse fonçaient vers les îles, des avions frôlaient le haut du mât, des vedettes et des jet skis zigzaguaient dans les eaux du lagon. Ma VHF, après des mois de silence, crachait en permanence. Bon Dieu, quelle activité ! Le monde moderne tournait à plein régime autour de nous, mon bateau et moi, et nous enivrait comme un manège fou ! Je me rendis compte que cette ivresse m’avait manqué. Marre de la solitude des longues navigations et des mouillages dans les atolls déserts, j’avais besoin d’un véritable bain d’humanité, aussi trépidante fût-elle !

J’eus la chance de trouver une place à la marina Taina – la plus belle du Pacifique m’apprit son manager avant d’annoncer les tarifs – et j’accostai à un ponton pour la première fois depuis mon départ du Chili.
Je sautai à quai quelques minutes plus tard. À moi Tahiti et toutes ses merveilles !
Eh bien, quelle surprise de redécouvrir, deux siècles et demi plus tard, une société – un mélange de Polynésiens, Français et Chinois – toujours aussi accueillante et joyeuse ! Ici, le tutoiement est de mise. Pour qui est habitué au vouvoiement de prime abord, cela détend remarquablement l’atmosphère. D’entrée de jeu, le tutoiement suggère de nouer une relation sentimentale, le vouvoiement une relation sociale. Il s’agit là de deux cultures distinctes qu’un monde sépare. À Tahiti comme partout ailleurs en Polynésie, on se salue d’un « la ora na » dès que l’on se croise, et quand on a besoin d’un renseignement, il est aussi rare de tomber sur un type désagréable ici que sur son contraire à Paris.

La nature est bien préservée grâce à aux vastes espaces inhabités, aux vallées escarpées et leurs hautes crêtes couvertes d’une végétation luxuriante. Une barrière de corail enserre l’île et abrite un immense lagon aux eaux turquoise. Depuis les hauteurs, on distingue des vagues de rêve dérouler leurs blancs rouleaux dans les passes de Taapuna et de Teahupo’o.

Il y a aussi, bien sûr, quelques aspects moins idylliques qui sautent immanquablement aux yeux d’un observateur objectif. L’urbanisation s’est faite sans vision d’ensemble ni anticipation. Les urbanistes, s’il y en eut jamais à Tahiti, ont réussi l’exploit d’éradiquer les piétons et les cyclistes pour laisser la place aux embouteillages. Un véritable tour de force sur une île aussi bucolique. De plus, les propriétés privées rendent les bords du lagon inaccessibles aux promeneurs. Cependant, je crois que ce qui attristerait sans doute le plus Cook et Bougainville, c’est de voir que la splendeur des Hommes n’a pas résisté aux siècles. Si les métissages entre Blancs, Chinois et Polynésiens sont plutôt réussis – tous les autochtones sont de sang mêlé, preuve de l’excellent accueil qui est réservé aux étrangers –, une bonne partie de la population est obèse et diabétique, et ce, dès le plus jeune âge. Ce sont les conséquences de l’introduction dans l’alimentation des autochtones de la bouffe industrielle qui favorise sciemment les addictions, notamment aux sucres. Les grandes enseignes comme Carrefour, Mac Donald et Coca-Cola, très présentes sur l’île, ne sont pas étrangères à ce fléau. Je trouve assez surprenant que les Polynésiens, si révoltés par les conséquences sanitaires des essais nucléaires, laissent prospérer sur leur sol – leur si cher fenua – des entreprises qui les contaminent. Leur faudra-t-il encore trente ans pour ériger un monument à la mémoire de ces nouvelles victimes ?
Et puis il y a aussi la drogue qui rôde à la sortie des collèges et des lycées. Je ne parle pas du pakalolo – l’herbe qui fait bêtement rigoler –, mais de la ICE, une drogue de synthèse qui rend fou. Cependant, faut-il s’étonner, dans une société qui laisse prospérer des entreprises aussi criminelles, de voir les adolescents sombrer dans la drogue ? L’adolescent, connu pour ses réflexions transcendantales et voulant se rendre maître de son destin, choisit de se détruire lui-même !

Cela dit, splendide ou pas, la population tahitienne est très attachante, une douceur de vivre et une bonne humeur communicative règnent à Tahiti, et rares sont les popaa – les étrangers – qui ont envie d’en repartir. Ce ne sont là que de premières impressions, mais toujours intéressantes à consigner, comme le furent celles des premiers explorateurs.

Tahiti est une étape incontournable pour tous les navigateurs qui doivent réparer leur bateau. On y trouve beaucoup de matériel et de bons techniciens. C’est une des raisons pour lesquelles les marinas sont pleines et le lagon encombré de centaines de voiliers au mouillage.
Mon fier navire aspirait à quelques entretiens. Ma dernière escale technique remontait à Buenos Aires – deux ans auparavant –, et Dieu sait où et quand aurait lieu la prochaine. Cependant, après ces mois en mer, je voulais d’abord prendre un peu de bon temps. J’installai mon QG à la terrasse du Casa Bianca, l’incontournable bar-restaurant de la marina. Une happy hour démarrait tous les jours à 16 heures, qui vous transformait rapidement en happy customer ! Une population très cosmopolite fréquentait ce lieu, et si l’on avait quelques chances d’apercevoir des marins célèbres, comme Kersauson, Poupon ou Lamazou – la fine équipe de Tabarly –, j’espérais surtout y voir débarquer de belles Tahitiennes. Hélas, elles étaient trop peu nombreuses, ou alors très jeunes et systématiquement entourées d’un service de sécurité familial – de solides gaillards, certes en surpoids, mais suffisamment dissuasifs, même pour un marin égayé. Bon Dieu, pourquoi les belles quadras célibataires s’entassent-elles autant dans les capitales et si peu dans ces coins magnifiques ?!
En fin de soirée, je me laissais parfois entraîner dans les bars de Papeete. Je tiens à informer les marins moins expérimentés que les bars de nuit à Papeete sont aussi dangereux qu’une traversée de la mer du Nord en plein brouillard. Il est impossible, sous certains éclairages, de faire la différence entre une femme et un travesti – les fameux et innombrables Rae-Rae (prononcez réré) qui font partie de la culture polynésienne. Pour ne pas se tromper, il faut garder deux règles à l’esprit, aussi embrumé soit-il : une fille qui vous regarde est un travesti, et les filles seules n’existent pas !

Après une semaine passée à essayer de me rapprocher de mes semblables, je me mis en devoir de m’occuper de mon bateau. Je l’avais pour ainsi dire amarré à quai comme un cowboy attache son cheval à un poteau, pour se diriger droit vers le saloon. À présent, l’animal réclamait des soins. J’entrepris alors la tournée des magasins d’accastillage et des chantiers de marine de plaisance, de Papeete à Punaauia et de Papara à Taravao.
Je notai rapidement que les magasins étaient presque tous tenus par des Chinois – ou plutôt des autochtones de type asiatique –, et les chantiers par des Français – type caucasien. Quand je demandai à l’un d’eux pourquoi on voyait rarement des Polynésiens diriger des chantiers, il me répondit tout naturellement : « parce que les Polynésiens sont des jouisseurs de la vie ! »
Je trouvais cela injuste ! Cela sous-entendait-il que nous, les Blancs, n’étions pas des jouisseurs de la vie ?! Par conséquent, nous devrions consacrer notre vie au travail ? Pourquoi ne pourrions-nous pas jouir de la vie comme un Polynésien ? Ce ne serait que justice après tout ce que nos ancêtres ont enduré ! Après 1789, toutes nos conquêtes, les guerres mondiales et notre dévotion au progrès…
L’esprit en révolte, je me fis cette réflexion : est-ce que nous, les Blancs, nous ne nous serions pas trompés d’objectif dès 1789 ? Au lieu d’abattre l’aristocratie, ne fallait-il pas plutôt essayer de faire de tout homme un aristocrate ? Après tout, c’est là sa place dans la Création. Les Polynésiens l’ont bien compris, eux !

Le fait est que la société tahitienne semble avoir trouvé son équilibre en associant trois cultures qu’a priori tout oppose : l’occidentale, l’asiatique et la polynésienne. Par le métissage certes, mais aussi et surtout en s’appuyant sur les qualités propres à chacune d’elles. Voici, de façon très caricaturale, comment se répartissent les rôles : les Polynésiens, comme le décrit James Norman Hall, un célèbre écrivain américain qui s’installa à Tahiti en 1920, se font fort d’ignorer les préoccupations matérielles et les mesquineries qui en découlent, et cela même dans le plus complet dénuement ! Ce sont des aristocrates, voire des seigneurs pour ceux qui sont restés propriétaires fonciers. Ils accaparent le pouvoir politique – qu’ils estiment d’ailleurs leur revenir de droit – grâce à une relative autonomie concédée par la France.

Les Occidentaux, pour la plupart français, s’occupent de l’intendance. Techniciens, ingénieurs, profs, entrepreneurs, médecins… Ils sont chargés de tout ce qui requiert une formation technique et une forte conscience professionnelle, fruits d’un puissant formatage de l’esprit. Les Chinois, quant à eux, sont d’infatigables commerçants ! Sans conteste les plus riches de Polynésie. Pour cela, ils se tiennent derrière leur comptoir 12 heures par jour et 6 jours sur 7 et personne ne souhaite être à leur place !
Et le résultat est là : les magasins sont bien achalandés, tous les services techniques, les routes, les écoles, les hôpitaux… fonctionnent à merveille, et la vie garde malgré tout un côté agréable et insouciant comme on l’aime. Les Français affichent volontiers leur bonne humeur, et même les Chinois se montrent communicatifs ! Ils sont manifestement sous l’influence de l’esprit polynésien, le mana, à tel point que l’on se demande si, finalement, les conquérants n’ont pas été à leur tour conquis !
Depuis environ deux siècles, l’évolution de la société tahitienne semble démontrer qu’en associant les différentes cultures, tout comme cela se pratique en agriculture biologique, les faiblesses de chacune d’elles – la dangereuse insouciance des Polynésiens, la rationalité maladive des Occidentaux et la folie du commerce des Chinois – peuvent être neutralisées afin de produire un fruit magnifique.

Les travaux sur mon bateau se déroulèrent à merveille, comme les tapis dans le souk de Marrakech. Les pièces commandées arrivèrent le jour prévu, furent installées proprement et, en moins de deux semaines, mon bateau était de nouveau prêt à filer vers de nouveaux horizons. Mais les restrictions de voyage liées à la lutte contre le Covid m’obligèrent à temporiser. La route de l’Ouest, les îles Cook, Fidji, Salomon, la Papouasie et les Philippines, était toujours fermée aux navigateurs, bassement qualifiés de plaisanciers – pour ne pas dire plaisantins – par les administrations.
Je pris mon parti de caboter autour de Tahiti en restant à l’intérieur du lagon, n’empruntant les passes que lorsque le chenal devenait trop peu profond pour mon bateau. Je changeais de mouillage tous les jours, parcourant quelques miles entre deux escales. C’est ainsi, par la mer plutôt que par la terre, que les Polynésiens avaient coutume de se déplacer à l’époque des premiers explorateurs. Je les imagine en train de ramer en cadence sur leurs magnifiques Va’a – la pirogue à balancier –, les yeux éblouis par les couleurs resplendissantes du lagon, avec d’un côté le majestueux mont Orohana et, de l’autre, le fracas monumental des vagues sur la barrière de corail. Nul doute que cette perspective nourrissait l’imaginaire autrement que ce malodorant ruban de bitume ! Ce n’est pas un hasard si le Va’a est aujourd’hui le sport préféré des Tahitiens, mais probablement le signe d’une profonde nostalgie.

Une fois l’ancre jetée, je sautais dans mon annexe et faisais un petit tour à terre. Quelques habitations se devinaient dans la végétation et je m’attendais, en débarquant sur la plage, à faire une rencontre magique. Sans doute parce que je n’avais rien de précis à y faire, rien à visiter et que j’étais parfaitement disponible – open mind comme on dit. C’est dans cet état d’esprit particulier que je rencontrai José, un Français installé là depuis trois décennies, m’apprit-il dès nos premiers échanges. Sa maison – son faré plutôt – simple et belle, à l’ombre des grands banians, limitait sa prétention à ne pas faire tache dans le paysage. Preuve indiscutable d’une profonde sagesse.
Marié avec Marguerite, une Tahitienne que j’apercevais en train de se baigner dans le lagon et que j’avais tout d’abord confondue avec un hippopotame – elle était magnifique autrefois tint à préciser José –, il coulait là des jours heureux après avoir mené une vie bien remplie, comme la sérénité qui se dégageait de tout son être me le laissait supposer.
Nous eûmes l’intuition d’avoir l’un et l’autre trouvé quelqu’un avec qui parler. Vous qui vivez en société et causez comme vous respirez, pouvez-vous imaginer le bonheur que cela procure ?
Il m’invita à dîner le soir même. Je rentrai au bateau et revins quelques heures plus tard avec une bouteille de vieux rhum et deux cigares achetés une semaine plus tôt à la Cave de Tahiti. Sous les auspices de la divine Marguerite, nous nous installâmes sous la véranda, face au lagon qu’un rayon de lune éclairait. La nature diffusait une musique douce et variée qui rendait tout appareil sonore superflu.
Comme le voulaient les convenances, je commençai par lui raconter ce qui m’avait amené ici, depuis mon départ de Marseille quatre ans plus tôt. Je lui fis un récit sans fioritures, celles-ci viendraient plus tard, avec le cigare et le rhum…
Après le plat de résistance, un délicieux perroquet du lagon mariné au lait coco préparé dans la plus pure tradition tahitienne par l’excellente Marguerite, je rendis la parole à José. Il attendait visiblement cet instant depuis longtemps – des années peut être ? – et prit une profonde inspiration avant de commencer à me raconter comment, lui, était arrivé ici.

Aquarelle Agnes Morel, Tahiti

Par une forme de rébellion post soixante-huitarde, alors qu’il poursuivait des études supérieures à Paris, il avait tout quitté à l’âge de 20 ans avec l’ambition de devenir le plus magnifique « improductif » (dixit branleur) qui eût jamais traversé les océans… Il cassa sa tirelire, acheta un bateau qu’il ressuscita de l’état d’épave et prit le large en direction du Pacifique via le canal de Panama. Son projet ? Vivre ses rêves encore tout chauds sortis de l’enfance. Cependant – de cela il se rendit compte bien plus tard –, tout comme pour ses aînés de 68, cette révolution intérieure était vouée à l’échec. L’école, la société, la civilisation auxquelles il appartenait avaient déjà profondément formaté son esprit et transformé le monde. Après des années passées à vagabonder, fauché comme les blés, dans les différents archipels du Pacifique, son bateau avait fini par retourner à l’état où il l’avait trouvé. Il jeta définitivement l’ancre à Tahiti et épousa Marguerite, une Tahitienne pure souche, autrefois sublime, et heureuse propriétaire terrienne. Poussé par sa femme – qui connaissait manifestement les aptitudes particulières des Blancs en général et de celui-ci en particulier, il avait, en désespoir de cause, fini par créer une entreprise agricole. Cette entreprise avait connu un certain succès et avait employé jusqu’à cinquante personnes parmi les proches de Marguerite. Il attribuait ce succès au fait que son cerveau avait cette capacité à tout rationaliser. Une qualité dont il trouvait ses employés et amis polynésiens totalement dénués. Selon lui, les Polynésiens suivaient une logique désastreuse pour les affaires. Même pour les tâches les plus ingrates, ils n’envisageaient le travail que comme un jeu, dont le moindre n’était pas de se jouer de lui. Cela, vous en conviendrez, va à l’encontre de nos valeurs. Nous, nous travaillons d’abord et nous nous amusons ensuite. Pour toute organisation, ils raisonnaient toujours sur le plan de leur communauté. Ils considéraient d’ailleurs l’entreprise comme une famille… Cela ne lui plaisait pas, car on ne gérait pas une famille comme on gère une entreprise. Il était plus dur de renvoyer un fils qu’un employé. Et il trouvait que le mérite n’avait rien à voir avec l’ancienneté…
Or, dans les sociétés traditionnelles, le pouvoir est confié aux anciens ou aux dynasties. Cela comporte plusieurs avantages. On évite la précipitation qui est source systématique d’erreurs chez les jeunes – nous le constatons avec le gouvernement français actuel. Ensuite, on ne confie pas le pouvoir à ceux qui veulent le prendre –personne ne cherche à devenir vieux –, ce qui est, chers électeurs, une prudence élémentaire pour éviter de se faire blouser.

Au cours d’une petite pause où nous quittâmes la table pour nous installer dans de confortables fauteuils en rotin et prîmes le temps d’allumer nos cigares et de savourer ce bon vieux rhum de Tahiti, José reprit le cours de son récit :
« Il m’a fallu du temps pour comprendre que sans cette logique particulière, l’entreprise, conduite uniquement par mon esprit rationnel, serait devenue un de ces ogres condamnés à grossir indéfiniment, prisonniers du terrible dilemme : manger ou se faire manger.
Il faut se rendre à l’évidence : il y a une faille dans notre intelligence. Rares sont les Occidentaux à l’accepter et à en tirer les conséquences. Ils pensent toujours qu’il leur suffit de bien réfléchir pour régler tous les problèmes. Cependant, quand on voit les dérives des grandes entreprises conduites par des hommes considérés comme intelligents, un simple raisonnement par l’absurde nous permet de conclure qu’on doit ces dérives à une forme évidente de bêtise.
L’homme, pour s’en sortir, ne peut compter que sur son intelligence. Je ne reviendrai pas là-dessus. Je suis moi aussi un passionné de science. Mais j’ai fini par comprendre que la structure de notre cerveau a un problème – conséquence probable du puissant formatage qu’il a subi pour devenir rationnel. Ce n’est donc pas sur lui qu’il faut compter pour corriger le tir, mais sur des cerveaux qui fonctionnent autrement et qui n’ont pas subi le même formatage… »

Laissant la nuit digérer ses propos – et je pense qu’elle n’aura pas eu trop de ses douze heures pour cela –, je tirai quelques bouffées de cigare… Puis je demandai à José ce qu’il était advenu de son entreprise.
« Je l’ai confiée à mes enfants, répondit-il. De par leur éducation mixte, polynésienne et française, et leur léger bagage technique – un lycée agricole où ils séchaient les cours pour aller surfer – ils parviennent tant bien que mal à la faire vivre. Mais les rêves d’expansion sont bel et bien abandonnés. Quant à moi, à défaut d’être devenu un grand entrepreneur, me dit-il avec un sourire satisfait, je réussis, après bien des détours, à atteindre mon premier objectif, mon rêve de jeunesse : devenir un authentique jouisseur de la vie ! »

4 Comments

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  1. Mon cher hervé , je te connais depuis bientôt 40 ans (3ème C collège georges de la tour) et force est de constater que (presque) premier de la classe tu étais et premier tu es resté, en tout cas dans l ‘ analyse pertinente du (pauvre) genre humain et de ta façon de voir le monde qui est en train de courir à sa perte à une vitesse lumineuse !
    Tu as déjà très jeune fait preuve d ´ une grande maturité contrairement à beaucoup d ´ autres ….
    Tes voyages à travers le monde en voilier restent oniriques pour moi .
    Continue à convaincre nos semblables (quoique) de tes idées , tes convictions .
    Continue à naviguer circum notre (encore) belle planète.
    Continue à vivre chaque jour tel un lion .
    C ´ est la vie que j ´ aurais aimé avoir mais bon…ceci est une autre histoire .

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  2. Merci
    Je me régale à vous lire
    La lecture de vos articles me fait voyager et réfléchir
    C’est un cadeau d’être tombée sur votre blog
    Merci

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