On est 6 au départ ce lundi 19 décembre au soir. Pour un tour du monde en solitaire, c’est bien le minimum ! Après une soirée bien arrosée comme il se doit, nous partons faire le plein d’un autre carburant à la station du Vieux Port, en chantant Renaud, « c’est pas l’homme qui prend la mer…. », bien fort et bien faux !IMG-20171221-WA0002
Puis on s’amarre en bas de la Canebière, le point zéro du voyage, pour la photo de départ. Il est 2h du matin, on est prêt !
Vues les conditions costaudes prévues dans le golfe du lion, on décide de passer par Barcelone, plutôt que par les Baléares
A peine après avoir dépassé les iles du Frioul, un bon 25 noeuds nous propulse vers le large. C’est vraiment parti, et avec 2 ris à la grande voile s’il vous plait !
5H du mat, Hervé, le vieux loup de mer est obligé de tenir la barre car le pilote ne tient plus. On enregistre des rafales à 50 noeuds et des creux de 3 mètres.

Heureusement notre route est à la fuite, et les nouvelles voiles tiennent bien. On file à 9 noeuds… Quand l’aube arrive, on n’est pas très frais, mais quelle sensation face au spectacle wagnérien de l’océan !

Pour  couronner cette première journée magique, 3 dauphins nous font la fête pendant 10 minutes. Virages serrés devant l’étrave, croisements, sauts…. Un bon signe diront les marins. Ont ils voulu me souhaiter bon voyage ?
Nous arrivons à Palamos en début d’après midi. Repos pour certains, kite pour d’autres.

Le lendemain, départ pour Barcelone, petite étape pépère en vent arrière. Ça fait du bien de sentir la mer se calmer.

Mon équipage me quitte le lendemain d’une belle soirée barcelonnaise. J’appareille pour Majorque en fin de journée, en solitaire cette fois… Une autre sensation..

Nuit tranquille sous voile par 15-20 noeuds grand largue. Mon réveil est calé toutes les 15 minutes car il y a de la circulation dans le secteur. Le vent tombe à l’aube, je passe la journée au moteur. Ne rien faire, se laisser bercer par la mer, lire et sommeiller toute la journée sans culpabiliser, une sensation salutaire. J’ai suivi la course du soleil de bout en bout et je crois que ça m’a fait du bien. Comme si on me remettait les pendules à l’heure…. Et surtout de ne pas être dérangé par toutes ces messageries plus aliénantes les unes que les autres !

Ce qui me surprend et me réjouis, c’est que depuis le départ on n’ait pas croisé un seul voilier. Cela augmente la sensation d’aventure.

L’arrivée à Majorque en fin de journée après 24h de nav est belle et émouvante…. C’est la première île du voyage.20171223_170345

Je choisis de nuit un mouillage au hasard sur Navionics. DODO

Le lendemain, je découvre une eau turquoise, un vent léger de 12-15 noeuds qui invite au kite surf. Quelle liberté de prendre son annexe pour aller gonfler sa voile sur une plage déserte…  Je crois que j’ai un mis un pied au paradis.20171224_143936

Nuit de Noël à Palma. Marina hors de prix (80 à 100 euros pour un 12 mètres hors saison !) et envahie de yacht de luxe. C’est pas vraiment l’ambiance grand voyageur, mais plutôt grand mytho !

Mais Palma est belle et elle le sait.

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C’est la fin de cette première étape. Le temps de trouver une marina moins chère au petit port d’Andraixt sur la côte sud de Majorque, et Back to Bamako pour 2-3 semaines.

Hasta luego Antinea !20171226_091743

Le grand jour de la mise a l’eau.

Je ressens un petit pincement au coeur car il y a un fort mistral et je connais pas du tout le bateau. Mais l’arrivée à Marseille est magique, la mer est rose au large du massif des Calanques !

 

 

Le Vieux Port est un point de départ mythique pour un tour du monde. Car le monde entier connait ce nom chantant qui fait sourire aussi bien celui qui le prononce que celui qui l’entend : Marseille !  Et pratique aussi bien pour les apéro que pour les préparatifs !

Essai des nouvelles voiles autour des iles du Frioul avec Hervé et maelys, un couple de marins tourdumondistes. Mes exigences : une coupe triradiale pour le génois et 3 grands ris sur la grande voile, ont été respectés par Delta Voile. L’ objectif est de pouvoir tenir la toile jusqu’a 40 noeuds.

 

J’ai trouvé le bateau après plus de 6 mois de recherche et avoir totalement viré de bord quant au modèle recherché. D’un bateau de course de 16 mètres, je suis passé sur plus petit et plus confortable. Question de budget et de réalisme. Le bateau que j’ai choisi s’appelle Antinea, c’est un Hunter 426 de 2003. 42 pieds c’est-à-dire 13 mètres. C’est le minimum pour ne pas se sentir trop petit dans les hautes latitudes. Il est confortable, fiable et bien équipé : pas de bricolage à prévoir avant départ ! La précédente et unique propriétaire, Valérie a navigué en solitaire autour de l’atlantique pendant 7 ans sans avoir connu d’avarie majeure.

Elle et son bateau m’ont inspiré confiance. On a fait un tour en mer avec 20 nœuds de vent, il marche vraiment bien.

 

Vous m’avez surement déjà entendu parler de mon projet de tour du monde en voilier ? Puisque cela fait bientôt 20 ans que je rabâche !

Eh bien aujourd’hui, on y est ! C’est le bon créneau météo comme disent les marins.

Professionnellement, sentimentalement et physiquement : c’est LE moment pour moi d’y aller.

Premièrement : faire le tour du monde par les 3 caps, Bonne espérance Leewin et Horn, avec des étapes en solitaire, est assez sportif. Cela nécessite une bonne condition physique !

Deuxièmement : c’est un projet très personnel, mieux vaut être seul pour se lancer.

Troisièmement : professionnellement je dois prendre un peu le large, m’ouvrir d’autres horizons. L’attaque terroriste qu’a subi mon hôtel à Bamako (www.lecampement.com) en a été le révélateur, même si le projet de partir cette année s’est décidé bien avant.

Et puis passer les cinquantièmes rugissants à 50 ans, quel bel anniversaire !

Je ne quitte pas totalement ma vie à terre pour autant. Les étapes en mer dureront entre 1 et 2 mois, je rentrerai au Mali ou en France dans les intervalles. Je travaillerai à mi-temps en quelque sorte (depuis le temps c’est devenu un peu ma spécialité). Cela est nécessaire car je ne suis pas rentier. Et ce n’est pas plus mal pour ne pas totalement décrocher. A ce rythme je pense que mon tour du monde prendra 5 ans. `

Je tiens à préciser que ce ne sont pas des années sabbatiques qui m’attendent. Ce n’est pas un projet professionnel, puisque rien de précis sauf un vieux rêve et un vague instinct ne m’y pousse. Mais ce genre d’aventure débouche toujours sur quelque chose. J’en ai eu la preuve avec mon périple africain. Si on m’avait dit que j’allais faire tout ça quand je suis parti avec mon sac à dos dans le désert, j’aurai bien rigolé !! Cette fois ce sera surement autre chose, car il faut varier les plaisirs… Un bouquin qui sait ?

Le départ est prévu du port de Marseille pour début décembre.